21 novembre 2010

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Tu comprends Martine, c’est primordial pour moi, j’ai une carte à jouer dans ma carrière, j’ai le bon âge 45 ans, le bon profil, je sens que j’ai la côte avec le boss, il faut que j’y aille à fond ! Tu me comprends j’espère ? J’ai six mois de difficile, après, je pense que la partie sera plus claire, je pourrai viser le poste de directeur adjoint, tu te rends compte, mon rêve ! Mais on dirait que cela n’te fait pas plaisir ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qu’il y a ma chérie ? Mais si, mon cœur, je suis contente pour toi, ne m’en veux pas, Il y a juste qu’en ce moment je suis un peu fatiguée, je me sens lasse… j’envie ton enthousiasme… Allons, viens là dans mes bras, viens te coller contre ton Alex… Tu ne veux pas aller voir Drancourt le toubib pour qu’il te dope un peu ? Si, tu as raison, je dois faire une déprime d’automne, le manque de soleil, sans doute… Bon allez, bonne nuit ma chérie, demain est un autre jour ! Je me colle contre son dos, passant ma main droite des épaules jusqu’aux fesses, je sens qu’elle s’apaise et … Aie ! Faut pas que j’oublie de lui parler des vacances de la Toussaint, ce sera sans moi la semaine dans le Morvan, je serai à Marseille, certainement.

Je vais me faire un plan de travail béton, c’est vrai que le boss me fait un appel du pied, il veut me tester sur ce coup là, voir comment je m’organise, j’ai carte blanche, mais je vais la jouer pro, montrer que je sais manager, piloter une équipe et l’emmener au résultat.

Bizarre ce que je ressens, il y a deux mois, nous étions en vacances, tout allait pour le mieux, et puis là maintenant, je me sens engloutie prise dans le tourbillon des autres. J’ai l’impression qu’une éternité s’est glissée en à peine deux mois… Bien sûr que je suis contente pour Alex, mais me voilà de nouveau seule pour gérer la maison, les réunions de parents d’élèves, les profs, faire le taxi pour les activités des filles, les courses, le ménage, je n’ai plus de temps pour moi. Alex part 4 jours par semaine à Marseille du lundi soir au vendredi soir, autant dire toute la semaine ! Au début, il m’avait dit qu’il irait une semaine par mois, le début n’a même pas existé, dès la première semaine, son boss avait décidé qu’il reprendrait en main toute l’équipe de là-bas et que cela nécessitait sa présence, le lundi serait pour les réunions à La Défense, puis direction Marseille TGV de 17h30. Le week-end, Alex bosse tout son samedi, pour gérer son boulot de Paris, vu que personne ne l’a remplacé sur ses missions en cours. Reste le dimanche : le matin il part courir avec Franck le voisin pour se vider la tête et après le repas, il s’écroule devant la télé… pendant que je repasse les chemises. Un mois que le cinéma dure, je n’ai pas l’intention de prendre un abonnement pour toute l’année.

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La solitude est l'une des rares bonnes choses qu'on ne peut partager.

Posté par pagenas à 02:50 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires sur 10

    J'aime beaucoup la photo qui illustre cet article.

    Posté par caelle, 01 décembre 2010 à 14:23 | | Répondre
  • Franchement vous écrivez bien. Vous décrivez parfaitement comment de petit pas minuscules en petits pas minuscules, et pourtant indispensables d'une certaine manière, on peut en arriver à des années lumière l'un de l'autre. La vraie vie quoi.
    Chapeau bas tous les deux.

    Posté par Pastelle, 02 décembre 2010 à 14:47 | | Répondre
  • Merci Pastelle ! Ton commentaire apporte de la lumière !!

    Posté par Lautreje, 03 décembre 2010 à 08:18 | | Répondre
  • 10

    Je suis ok avec "pastelle" on avance à petit, et minuscules petit pas, mais on avance...
    Maintenant je comprend pourquoi: Quant je vois un couple dans la rue... je change de trottoir because ... les petits pas D
    Brave petit couple Alex et Martine.

    Posté par Monique, 08 décembre 2010 à 17:24 | | Répondre
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