21 novembre 2010

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Ma vie est toute tracée, je m’ennuie et le pire c’est que je m’en veux de ne pas être heureuse. Alors, je fais semblant, je m’illusionne, je montre une facette de moi qui ne correspond pas à ce que je ressens. J’en arrive à porter un masque, je joue à montrer que tout va bien, et même je suis capable de sur jouer, je deviens championne toute garantie pour jouer la comédie. J’ai raté une vocation de comédienne. Si je n’étais pas aussi mal, je rirais de moi… Plus je fais semblant, plus je m’en veux. Charlotte a raison au fond, je ne me souviens plus quand j’ai été jeune. Si, bien sûr, je me souviens de mes années collège, lycée et puis la fac, mes premiers amours, les émois qui transportent le cœur et le corps… Mais j’ai perdu le mode d’emploi, je ne sais plus m’enthousiasmer, me passionner, m’exalter, tiens, oui, l’exaltation, ressentir cette frénésie toute entière qui transforme tout. La pluie qui devient un jeu et non une raison de maudire le jour qui commence.

Quand ai-je perdu ma joie de vivre ? dans les rayons des supermarchés à courir après les promotions ?, dans l’organisation de ma vie avec les filles, Alex ?, dans ma quête de performance : un beau mari, une belle maison, de beaux enfants… réussir tout, tout en étant épanouie et heureuse ? Les magazines féminins n’arrêtent pas, à coup de reportages et de conseils, les femmes doivent tout réussir : une bonne mère, une bonne épouse, être belle, désirable, un bon boulot, être battante, réussir, réussir… ils n’ont que ce mot à la bouche. Moi je suis au milieu de ce pont que j’ai construit, je me dirige vers ce que j’ai toujours voulu avoir et je suis triste, fatiguée avec l’impression de passer à côté de moi, à force de devoir tout bien faire.

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N'être qu'un grain de poussière dans l'univers n'a en soi rien de désespérant; c'est le fait d'en côtoyer d'autres qui peut le devenir.

Longtemps dans le boulot j’ai été trop jeune, quand il y avait des projets, des évolutions, il a toujours fallu que je passe après Ne vous inquiétez, Martine, vous êtes encore jeune, votre tour viendra ! Seulement ce sont les enfants qui arrivent avec, à chaque fois la carrière qui recule. Et puis un jour alors que tu as enfin l’âge qui va bien, que tu es libérée des maladies infantiles, tu te rends comptes que les projets te passent encore sous le nez malgré tes compétences. C’est une nouvelle recrue, fraîchement sortie d’école avec une motivation béton qui prend le dossier. Je suis passée du Vous êtes trop jeune à la catégorie quadra, la pire pour une femme ! D’un seul coup en à peine trois ans ! Pourtant j’ai montré ce que je pouvais faire, et même à l’époque en 4/5 j’ai continué à faire tout mon boulot, à développer des ressources, à m’organiser pour que le service ne souffre pas de mon absence.

Maintenant, je me sens seule, vieille et vide.

Posté par pagenas à 02:52 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur 8

    Chapitre 8

    " Vers vingt-cinq ans, j'savais tout : l'amour, les roses, la vie, les sous
    Tiens oui l'amour ! J'en avais fait tout l'tour !

    Mais heureusement, comme les copains, j'avais pas mangé tout mon pain :
    Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.
    C'que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

    Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau
    J'peux pas mieux dire : il fait très beau !

    C'est encore ce qui m'étonne dans la vie
    Moi qui suis à l'automne de ma vie
    On oublie tant de soirs de tristesse
    Mais jamais un matin de tendresse !
    ET..." Maintenant je sais, je sais " J. Gabin
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    Pas facile de tout concilier: Mari, enfants, maman, boulot, dodo et... Câlinous, hein "Martine" vous permettez? Au fait: C'est koi votre boulot?
    - Que je suis curieuse MOA ? Je sais, je sais

    Posté par Monique, 10 décembre 2010 à 07:19 | | Répondre
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